Programme 2020/21

25 septembre 2020

Turk and Ottoman Cultural Transfer

Meriç Tanik (Paris)
Transferts en sciences naturelles. Le développement de l’agronomie, de la sylviculture et de la médecine vétérinaire dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne

Résumé

Marc Toutant (Paris)
La culture timouride dans l’empire ottoman : legs ou modèle ?

Résumé


16 octobre 2020

Axel Körner (Londres)
Italian Opera in Global and Transnational Perspective: Reimagining Italianità in the Long Nineteenth Century

Résumé


13 novembre 2020

Elke Sturm-Trigonakis (Thessalonique)
Weltliteratur als Wissenskonfiguration. Versuch einer Bilanz aus postkolonialistischer Perspektive

Résumé

Michela Passini (Paris)
La traduction en histoire et histoire de l’art

Résumé


11 décembre 2020

Psychology and Its Extensions in the Late 19th Century

Annika Haß (Paris)
Wilhelm Wundt und seine internationalen Verbindungen

Résumé

Nadine Schumann (Leipzig)
Wilhelm Wundt (1832–1920): Die Bedeutung der Völkerpsychologie für die transnationale Geschichtsschreibung

Résumé


22 janvier 2021

French-Chinese Interactions in the Field of Drama

Qi Yue (Paris)
Promoting Chinese Theater in late 19th Century Europe: Chen Jitong’s Inheritance and Recreation

Résumé

Wang Jing (Paris)
Le théâtre français en Chine contemporaine de 1978 à 2014

Résumé


5 février 2021

Translating Encyclopaediae in the Age of the Enlightenment

Hans-Jürgen Lüsebrink (Sarrebruck) et Susanne Greilich (Ratisbonne)
Les dimensions traductologiques de l’encyclopédisme français au siècle des Lumières (1680-1800) : transferts de savoir transculturels, figures d’intermédiaires, processus d’appropriation interculturelle

Résumé


5 mars 2021

Kobus Marais (Bloemfontein)
Semiotic Work and the Emergence of Culture

Résumé

Diana Roig-Sanz (Barcelone)
Multiple Spaces. Cultural Transfer and Social Historical Networks in Spanish-Speaking Modern Cultural Processes (1898–1959)

Résumé


9 avril 2021

Transnational Perspectives on Greek history (200th Anniversary of the Greek War of Independence)

Marilisa Mitsou (Paris)
Philhellenism and Geopolitics: Friedrich Thiersch’s De l’état actuel de la Grèce (1833) as a European Project

Résumé

George Tolias (Paris/Athènes)
Transferts de savoirs entre ingénieurs français et informateurs grecs pour la confection de la carte de la Morée

Résumé


14 mai 2021

Cultural Transfers as Space-Making and Space-Imagining Processes

Antje Dietze (Leipzig)
Cultural Transfers in the German Entertainment Industries – Production Networks and Imagined Geographies

Résumé

Anastasia Evmenova (Fribourg)
Die Schweiz in der russischen Wahrnehmung: Konstruktion und Vermittlung des Landesbildes in den Texten von Michail Šiškin

Résumé


11 juin 2021

Monika Bednarczuk
Cultural Transfer in Eastern Europe at the Beginning of the 19th Century: The Example of University of Vilnius (Approaches, Research Results, and Research Gaps)

Résumé

Miša Krenčeyová (Vienne)
From Racism “then“ and “there” to Racism “here and now”: a Central European History of Knowledge on “Racism as a Problem”

Résumé


Résumés

Transferts en sciences naturelles. Le développement de l’agronomie, de la sylviculture et de la médecine vétérinaire dans l’Empire ottoman et la Turquie moderne

Meriç Tanik

Cette communication rappellera d’abord le contexte de l’émergence de ces disciplines nouvelles : passage d’un cadre militaire à un cadre civil dans l’enseignement, délimitation des champs scientifiques et processus de professionnalisation. La France, en concurrence avec le modèle allemand, joue un rôle considérable dans la transformation de ces domaines. Il s’agira ainsi d’examiner son rôle dans le développement de l’agronomie, de la sylviculture et de la médecine vétérinaire à travers l’envoi de jeunes étudiants ottomans en France, la sollicitation d’experts français par l’Etat ottoman et la circulation de machines, d’outils chirurgicaux et de livres scientifiques entre les frontières.Une attention particulière sera portée à la question de traduction. Même si l’évocation des circulations sémantiques peut paraître surprenante dans le cadre des sciences naturelles, elles présentent néanmoins un enjeu essentiel : les débats au parlement turc, où les défenseurs de la turquisation rejettent les mots étrangers et prônent la « nationalisation » des savoirs, témoignent du lien entre sémantique et politique et la transcription de termes étrangers en turc deviennent parfois une preuve de modernité ou un outil de légitimation, leur origine française garantissant la bien fondée des disciplines émergentes.


La culture timouride dans l’empire ottoman : legs ou modèle ?

Marc Toutant

Les transferts culturels du royaume timouride (XVe siècle) en direction de la Sublime Porte ont longtemps été appréhendés sous l’angle de « l’héritage culturel ». Des analyses approfondies semblent cependant révéler que plus qu’un legs, la culture de cour des descendants de Tamerlan aurait représenté pour les Ottomans un modèle, voire une matrice, dans le contexte d’un empire alors en gestation. Afin de donner corps à cette hypothèse, l’exposé prendra appui sur des manifestations concrètes de ces transferts dans le domaine littéraire. Il s’agira plus spécifiquement d’examiner la réception de l’œuvre de Mir ‘Ali Shir Nawâ’i (1441-1501). Les ouvrages du polymathe timouride ont en effet exercé une influence importante au XVe et XVIe siècles sur les sultans et les lettrés ottomans non seulement lorsqu’ils composaient en turc mais aussi en persan.


Italian Opera in Global and Transnational Perspective: Reimagining Italianità in the Long Nineteenth Century

Axel Körner

The paper is work in progress and will form the introduction to a collaborative volume co-edited by Axel Körner (UCL) and Paulo M. Kuehl (Campinas, Brazil), to be published by Cambridge University Press in 2021. Based on an international research project funded by the Leverhulme Trust, the book investigates the impact of transnational musical exchanges on notions of national identity associated with the production and reception of Italian opera in the world. Covering different parts of Europe, Latin America and Asia, the volume brings together twelve case studies to exemplify the effects of the European and global expansion of Italian opera during the long nineteenth century, and to discuss the significance of this process for debates on opera at home in Italy. As a consequence of transnational exchanges between composers, impresari, musicians and audiences, ideas of operatic italianità constantly changed and had to be reconfigured, reflecting the radically transformative experience of time and space that throughout the nineteenth century turned opera into a global aesthetic commodity. The introduction to this book places the project within its historiographical and musicological contexts, develops a theoretical framework to investigate the globalisation of Italian opera, and looks at how changing notions of italianità evolved and were applied to ideas of opera.


Weltliteratur als Wissenskonfiguration. Versuch einer Bilanz aus postkolonialistischer Perspektive

Elke Sturm-Trigonakis

Der Beitrag lotet das Zusammenspiel von Weltliteratur und Postkolonialismus aus, denn es ist eine Tatsache, dass sich das Forschungsgebiet der Postcolonial Studies von den Anfängen in Birmingham unter Stuart Hall in den 1960er Jahren an potenziell über die ganze Welt erstreckt hat. Demzufolge korreliert es mit einer Auffassung von Weltliteratur, welche die ‚Literaturen der Welt‘ in den Blick nimmt. Angesichts der longue durée sowohl des Postkolonialismus als auch des Weltliteraturdiskurses geht der Beitrag historisch vor und beleuchtet zunächst den kolonialen Kontext von Goethes Weltliteratur-Begriff, bevor der Fokus auf unsere gegenwärtige Globalisierungsphase etwa ab den 1990er Jahren mit ihren Ansätzen zu einer Neudefinition des Goethe‘schen Terminus fällt. Zu guter Letzt werden die jüngsten Entwicklungen ab ca. 2010 diskutiert, zu deren Merkmalen nicht nur die globale Akzeptanz der neoliberalen Weltwirtschaftsordnung, sondern auch die zunehmende Kritik daran mit gleichzeitigen Renationalisierungstendenzen gehört, die in der Bildung eines nunmehr multipolaren Weltliteratursystems ein Pendant findet. Den roten Faden bei diesen Überlegungen bildet die Frage nach dem Nutzen des Postkolonialismus als wissenschaftlichem Theorie- und Methodeninstrumentarium für die Konfiguration des Weltliteratur-Diskurses und wie sich beide Wissenssysteme unter dem Einfluss des jeweils anderen umorganisieren.


La traduction en histoire et histoire de l’art

Michela Passini

Loin de se réduire au passage d’un texte à un autre en une langue différente, la traduction des livres savants engage un ensemble d’opérations complexes impliquant différents réseaux d’acteurs. Pour qu’un livre soit traduit, il faut souvent qu’il ait d’abord circulé  en langue originale et en traduction partielle (citations traduites, traduction d’extraits), qu’il ait été sélectionné parmi d’autres par des acteurs bien précis en raison de la/des valeur(s) qu’il revêt dans l’espace savant d’arrivée, qu’il ait trouvé un éditeur, et bien sûr un traducteur – simple intermédiaire linguistique traduisant plusieurs auteurs et livres différents, ou bien expert d’un auteur, d’un sujet, d’une sous-discipline et parfois à l’origine même de l’initiative d’importation et de l’ensemble des opérations de promotion qui sont susceptibles de l’entourer. A l’issue de ce processus un nouvel objet est produit –  un nouveau livre – qui diffère de l’original non seulement par la langue et le contenu du texte, mais bien souvent par le format, la mise en page, la présence éventuelle et le choix des illustrations, le prix, autant de caractéristiques qui en déterminent pour une part au moins l’horizon de réception.
Au carrefour de l’histoire intellectuelle et de l’histoire sociale, économique et politique des savoirs, nous nous proposons d’aborder la traduction dans les disciplines historiques à la fois comme une pratique mobilisant un nombre plus ou moins grand d’acteurs et des technologies dont il s’agira de cerner au plus près la dimension matérielle.


La réception de Wilhelm Wundt et la naissance de la psychologie en France (1870–1914)

Annika Haß

Dans Les mots et le choses (1966) Michel Foucault trace une histoire du savoir et des sciences dans la longue durée. Il distingue quatre âges : premièrement, la Renaissance où le monde est perçu sous forme de répétitions ; deuxièmement, l’âge classique avec une approche mathématique et classificatoire ; troisièmement, le moment historique vers 1800 avec la naissance des philologies ; et pour finir la naissance des sciences humaines (psychologie et sociologie) au tournant des XIXe et XXe siècles. Ce dernier bouleversement dans l’histoire des sciences fut profondément marqué par des échanges réciproques entre la France et l’Allemagne de la fin du XIXe siècle et il représente ainsi une histoire de transferts culturels. Suite à la défaite de la guerre de 1870-71, le regard français sur l’Allemagne et sur son système éducatif et des sciences s’est intensifié. De nouvelles écoles ont été crées, comme l’École libre des sciences politiques (aujourd’hui : Institut d’études politiques de Paris), tandis que de jeunes étudiants français passaient un moment de leurs études en Allemagne et y analysaient le système universitaire. Parmi eux se trouvaient beaucoup de normaliens, notamment le jeune Émile Durkheim ou Lucien Herr. Un lieu privilégié d’accueil était l’université de Leipzig, où enseignaient notamment l’historien Karl Lamprecht et le psychologue Wilhelm Wundt. Ce dernier, fondeur de la psychologie expérimentale, avait une renommée internationale malgré son isolement relatif en Allemagne. Notamment en France, où la psychologie n’existait pas encore, la réception des idées de Wilhelm Wundt a eu un profond impact sur la naissance des sciences humaines. Ceci s’explique entre autres par les intérêts personnels et économiques de l’éditeur Félix Alcan (qui devint plus tard les PUF) qui caressait l’ambition de s’établir comme la maison d’édition de ces nouvelles disciplines. La Revue philosophique de la France et de l’étranger (éditeur scientifique : Théodule Ribot) et l’Année psychologique furent fondées comme revues scientifiques consacrées à ces nouvelles disciplines ; ces revues ainsi que des éditions de textes scientifiques traduits de l’allemand, ont contribué à l’essor de la jeune maison d’édition.


Wilhelm Wundt (1832–1920): Die Bedeutung der Völkerpsychologie für die transnationale Geschichtsschreibung

Nadine Schumann

Der Mediziner, Philosoph und Psychologe Wilhelm Wundt wurde 1875 als Professor für Philosophie an die Universität Leipzig berufen und gründete dort 1879 das weltweit erste Labor für experimentelle Psychologie. Während seiner mehr als 60jährigen Forschungstätigkeit als Philosoph und Wissenschaftler betreute er zahlreiche internationale Nachwuchswissenschaftler, welche anschließend weltweit eigene Institute gründeten und als Wundt-Schüler die Psychologie als eigenständiges Fach etablierten. Entgegen einseitiger Rezeptionen, Wundt hätte die Psychologie zur Naturwissenschaft gemacht, konzipierte Wundt die Psychologie methodenpluralistisch. Als einer der bedeutendsten Gelehrten des 19. Jahrhunderts entwarf er ein systematisches und multimethodisches Forschungsprogramm der Psychologie, mit dem Ziel, die verschiedensten Erkenntnisse der damals aufstrebenden Einzelwissenschaften sinnvoll im System der Philosophie zu vereinen. Dabei nimmt die Psychologie eine vermittelnde Zwischenstellung zwischen Natur- und Geisteswissenschaften ein. Neben der experimentellen Psychologie spielt die Völkerpsychologie als eigenständiger Teil der allgemeinen Psychologie in Wundts System eine zentrale Rolle.
Themen der Völkerpsychologie sind komplexe mentale Prozesse und diese werden im Ausgang von Sprache, Mythos und Sitte behandelt, wobei stets das Verhältnis von Individuum und Gesellschaft im jeweiligen kulturgeschichtlichen und gesellschaftspolitischen Kontext im Vordergrund steht. Wundt behält den Namen Völkerpsychologie bei, „weil die Volksgemeinschaft der weitaus wichtigste jener Lebenskreise ist, in denen sich ein geistiges Gesamtleben entwickeln kann“ (vgl. 1888, S. 56). Wundt sucht nach den Entwicklungsgesetzen des menschlichen Geistes und stellt Experiment, Beobachtung, Vergleich und Interpretation als Methoden nebeneinander und erarbeitet so eine breite empirische Basis. Frühe Soziologen wie z.B. Émile Durkheim und George Herbert Mead hörten Wundts Vorlesungen in Leipzig und nahmen einige Grundzüge des Wundtschen Systems auf. Wundt war zudem nicht nur ein engagierter Förderer des wissenschaftlichen Nachwuchses, sondern auch mit den führenden Wissenschaftlern seiner Zeit vernetzt. Am Wissenschaftsstandort mit transnationaler Ausstrahlung pflegte er enge Kontakte mit Vertretern anderer Disziplinen, wie dem Historiker Karl Lamprecht, dem Geografen Friedrich Ratzel oder dem späteren Nobelpreisträger Wilhelm Ostwald. Besonders die Zusammenarbeit mit Lamprecht lieferte entscheidende Impulse für die Gründung des außeruniversitären Institutes für Kultur- und Universalgeschichte 1909 durch Lamprecht und die Einrichtung der Völkerpsychologischen Abteilung des Psychologischen Institutes 1913 durch Wundt. In der Konzeption von Universalgeschichte basierend auf Psychogenese ist der Einfluss von Wundts Völkerpsychologie deutlich zu erkennen und wird auch heute noch als Grundlage einer transnationalen Geschichtsschreibung behandelt.


Promoting Chinese Theater in late 19th Century Europe: Chen Jitong’s Inheritance and Recreation

QI Yue

From Jesuit missionary Joseph Henri Marie de Prémare to sinologists Stanislas Julien and Antoine Bazin, various Chinese theatrical scripts were successively translated in the 18th and 19th centuries. This resulted in the creation of a few Chinese themed French dramas, reinforcing exotic stereotypes while also promoting stage innovations. In this context, the French-speaking Chinese diplomat Chen Jitong undoubtedly brought new perspectives to his contemporary European public and sinology community, with a monograph on Chinese theatre, a couple of essays on general theatre arts, and a one-act play published in different contexts around 1900.
This presentation aims to characterize the Sino-European dramatic exchanges in the late 19th century, through a case study on the contributions made by the diplomat-writer Chen Jitong. By focusing on his ideals, practices, and challenges, we attempt to interpret the misunderstandings, mutations, and resemantisations in the process of promoting Chinese theatre to the West. We will first briefly review the background of Chinese theatre studies, starting with a systematic introduction of Yuan opera repertoire to Europe in the early 19th century, and the subsequent publication of several plays inspired by certain translations. These bookish knowledges, together with a huge European literature from ancient Greece and Rome to contemporary France, constitute a direct source of material for Chen Jitong’s Le Théâtre des chinois. Then we will conduct a further analysis of this ambitious “comparative study of morals”, to discover Chen’s research methodology beyond comparatism or ethnography, “francized” narrative strategies, engagement in contemporary diplomacy, and eventual contribution to the theorization of Chinese theatre practices. Finally, we will examine the creation and circulation of L’Amour héroïque, a one-act vaudeville on traditional Chinese theme composed by Chen himself and published respectively in Paris (1891), Imperial Shanghai (1904), and Republican Beijing (1922), to reveal how this intercultural author went from theory to practice, reinterpreting a classic playsets with dual cultural heritage and enriching the fin-de-siècle dramatic literature.


Le théâtre français en Chine contemporaine de 1978 à 2014

WANG Jing

Deux cultures, lorsqu’elles dialoguent, connaissent toujours des processus complexes : de l’impact, du conflit, du rejet, de la conciliation, de la compréhension, de l’acceptation. Cela s’explique par le fait que chaque culture est en mesure de choisir d’emprunter ou non à une autre selon sa propre identité selon ses besoins. En s’immergeant dans un nouvel environnement, tout un chacun le considère en fonction des modèles de pensée et des coutumes de sa propre culture, c’est-à-dire que chacun possède son propre « horizon d’attente ». Dans la réalité, cela restreint la perception et l’interprétation humaine des cultures étrangères. En d’autres termes, une culture s’en approprie une autre et il s’ensuit, selon les cas, une sorte de prise de pouvoir d’une culture sur l’autre, de recouvrement, ou encore un système de circulation, un effet d’hybridité, voire une résistance ou une résilience qui interfèrent dans tous ces rapports.
La communication interculturelle nécessite un intermédiaire ou un chemin : le théâtre en tant qu’art synthétique est une forme de culture, intimement liée à la littérature, qui rassemble des spectateurs comme des lecteurs. Lorsque celui-ci franchit la frontière culturelle et s’immisce dans le contexte culturel de l’autre, il est donc inévitablement confronté au processus d’adaptation, de compatibilité et d’acceptation. La réception du théâtre occidental en Chine a commencé à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et la forme majeure du théâtre contemporain chinois, le théâtre parlé (huaju), est ainsi née sous l’influence du théâtre occidental. Depuis un siècle, le théâtre chinois, notamment le théâtre parlé, analyse et s’approprie les cultures occidentales en filtrant et en reprenant certains points en fonction de ses propres intérêts et de ses présupposés. Cette appropriation s’accompagne d’une série d’opérations théâtrales. Dans cette perspective, nous présenterons globalement, la réception du théâtre français dans la Chine des quarante dernières années en deux temps : de 1978 à 1992 et de 1993 à 2014, en analysant quelques cas précis et variés, passant aussi bien par la traduction des pièces et des ouvrages théâtraux par la recherche universitaire, par l’adaptation / réécriture du texte dans les mises en scène, ou par la création sinisée au sein de coproductions hybrides.


Les dimensions traductologiques de l’encyclopédisme français au siècle des Lumières (1680–1800) : transferts de savoir transculturels, figures d’intermédiaires, processus d’appropriation interculturelle

Hans-Jürgen Lüsebrink et Susanne Greilich

Sur l’arrière plan de l’importance des encyclopédies comme média dominant du 18ème siècle d’une part, et dans le cadre de leur développement transnational, d’autre part, ce projet de recherche étudie le rôle des les processus de traduction dans le contexte de l’encyclopédisme, et donc la construction d’un espace transfrontalier de savoir et de communication à l’époque des Lumières. Quatre perspectives se trouvent au centre de ce projet : La saisie systématique de l’ensemble des traductions des textes des encyclopédies de l’époque des Lumières, y compris les données concernant les versions originales des textes, les traducteurs, les éditeurs, et les préfaces explicatives. L’analyse paradigmatique des processus d’adaptation et d’autonomisation des différentes entreprises de traduction se déroulant dans le contexte de l’encyclopédisme français. La perception de soi et le rôle des traducteurs en tant qu’acteurs centraux interculturels de la transmission de savoirs encyclopédique, et L’analyse du rôle joué par les traductions du projet encyclopédique français, l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, à travers la création de lemmes correspondant à la spécificité des différents pays.


Semiotic Work and the Emergence of Culture

Kobus Marais

I have argued elsewhere (Marais, 2019) that translation can be limited neither to interlingual translation nor to anthropo-semiotics. Sebeok has made it clear that semiosis is co-emergent with life, which means that translation should be able to account for all forms of meaning-making that occur between different semiotic systems. In this presentation, I further explore the implications of this line of thinking, in particular exploring the role of space in translation. For this presentation, I explore the implications of the notion of ‘coupled system’ from cognitive semiotics and biosemiotics, arguing that living organisms are coupled to their environment and depend on their environment for survival. This means that the physical and social-cultural space in which translation takes place plays a constitutive role. Organisms are per definition open systems that depend on their environments for their survival, not only materially but also as far as information is concerned. Following Deacon, I explore the crucial informational link between organism and environment, thereby preparing for an ecological view of translation. The difficult part of this line of thinking is to work out the implications of this argument for the humanities. In the natural sciences, the goal is to explain how meaning, value, semiosis emerged from matter in order to propose a unified view of reality. The question is now: How should the humanities respond to this process? I shall use the last part of this presentation of ponder some of the questions that would be relevant for a humanities response to emergentist thinking in the natural sciences. One such question would be about the ways in which physical space constrains meaning-making. I shall also present a brief sample of empirical work that I am doing based on this conceptualization.


Multiple Spaces. Cultural Transfer and Social Historical Networks in Spanish-Speaking Modern Cultural Processes (1898–1959)

Diana Roig-Sanz

Modernity has often been seen as an autonomous Western invention. However, Western Europeans were not the only makers of cultural history, and centres and peripheries are not fixed and permanent, but dynamic and evolving. For decades, debate over the centre-periphery model, dominant over dominated, North versus South has raged amongst scholars, and a consensus on the role of Southern Europe and non-European regions in modern cultural processes has been established. However, we still need source-based, empirical research, and appropriate tools and methods to historically analyse their connections, roles, continuities, and discontinuities in specific periods and disciplines, between spaces and over time. Within the framework of cultural transfer and global literary studies, this paper proposes to examine how social historical networks and the experience of movement in a broad sense impacts in the production and distribution of cultural knowledge. Specifically, I will use some of the preliminary results of my ongoing ERC StG project « Social Networks of the Past. Mapping Hispanic and Lusophone Modernity, 1898–1959 », to test the agency of Ibero-American cultural mediators being active individuals or collective agents (for example, cultural institutions, literary journals, or film clubs). Within an historical and sociological approach, this paper advances the hypothesis that social networks enabled Ibero-American mediators to play a prominent role in a transnational and mobile elite, helping them revitalize European culture, but also their local milieu. This paper analyses the wide range of new meanings that accompany this broad idea of movement that we can understand, with some nuances, as circulation, mobility, connectivity, interaction, or displacement, as well as the assumption of multiple spaces where cultural knowledge and producers of knowledge flow and circulate in different directions and through different channels. Space is a driven force in intercultural transfers, but this presentation goes against the idea of a sole or central space but multiple and decentred spaces, not always related to a European historiography or to nation states, but to other units of analysis (cities, regions, rivers, mountains) that allows us to rediscover these locations with a new light and in large-scale contexts.


Philhellenism and Geopolitics: Friedrich Thiersch’s De l’état actuel de la Grèce (1833) as a European Project

Marilisa Mitsou

Just after the formation of the independent Greek state, Friedrich Thiersch proposed in his work “De l’état actuel de la Grèce et des moyens d’arriver à sa restauration” (1833) some methods of modernizing Greece, while trying to respect traditional institutions and customs and without transforming the country into a Bavarian province. His geopolitical vision of the South-East Mediterranean includes not only a compulsory extension of the Greek Kingdom towards the North and the East, “in the great interest of Europe and the peoples of the East”, but also a prudent colonization of the territories of Greece, in order to train the locals and strengthen the industry and the resources of the kingdom. The settlement plans − farming and town colonies settled by foreigners and non-native Greeks − were the only common point of Thiersch’s philhellenic approach with the imperialist policy of the Bureau of Political Economy (staatswirtschaftliches Bureau) of the Bavarian Regency in the third decade of the 19th century in Greece.


Le philhellénisme: vue d’ensemble et ramifications

George Tolias

Résumé du texte qui sera l’objet de discussion dans la séance:

Cette brève esquisse tient à signaler certains aspects clés du philhellénisme proposés par la bibliographie récente sur la question, et proposer la notion de régénération en tant que concept central des engagements philhellènes. Par ce moyen, elle propose un schéma historique du mouvement qui permet de suivre ses transformations, acceptations ou rejets en Europe occidentale et en Grèce pendant la période de 1770 à 1870.


Cultural Transfers in the German Entertainment Industries – Production Networks and Imagined Geographies

Antje Dietze

Over the course of the 19th century, modern entertainment industries grew rapidly and became an important realm of cultural transfers and internationalization. They brought mass audiences in contact with cultural products and imagery from all over the world. One of the largest live entertainment industries in Germany at the time was variety theater. It emerged in the decades marked both by the consolidation of the recently united German nation-state and a phase of intense globalization between the 1880s and the First World War. This was a very transnational business – it relied on a high mobility of performers and constant transfers of new formats and attractions. The presentation traces the emergence of these networks and institutions of cultural transfer and asks how they shaped Germany’s relation to the world. It brings together reflections on cultural transfer as a space-producing process with recent studies in transnational history on the geographies of entanglements and the specific forms and patterns that shaped the circulation of knowledge, people or goods. In a first step, I lay out the geographical contours of the production networks, using GIS-based mapping. Secondly, I relate these findings to the imagined geographies that were presented in the variety shows. This leads to a reflection of the different dimensions of cultural transfer and the way it reconfigures the relationship of both the production networks and the produced images with the nation and the world.


Die Schweiz in der russischen Wahrnehmung: Konstruktion und Vermittlung des Landesbildes in den Texten von Michail Šiškin

Anastasia Evmenova

Obwohl Russland mit der Schweiz durch eine lange Geschichte von Kulturkontakten verbunden ist, bleibt die Vorstellung über die Eidgenossenschaft im russischen Gedächtnis sporadisch, mit allgemeinen Klischees und vereinzelten Figuren verbunden. Dieser Mangel an Wissen über das Land und dessen Kultur wird dem prominenten russischen Schriftsteller Michail Šiškin deutlich bewusst, als er Mitte der 90er Jahre in die Schweiz umzieht. Er wendet sich der Vergangenheit, den Erfahrungen seiner Vorläufer und den Archivmaterialien zu, um diese mit seinen eigenen Betrachtungen und Überlegungen zu ergänzen. Daraus entsteht ein Landesbild, das er dem russischen Lesepublikum in seinem umfangreichen literarisch-historischen Reiseführer „Die russische Schweiz“, sowie seinen publizistischen Texten mitteilen will. In dem vorliegenden Beitrag wird die Spezifik dieses Bildes im Kontext der in der russischen Kultur etablierten Gestalt von der Schweiz betrachtet. Der Fokus wird auch auf die Strategien gelegt, die von Šiškin verwendet werden, um die kulturelle Annäherung zwischen zwei kulturellen Räumen zu fördern.


Cultural Transfer in Eastern Europe at the Beginning of the 19th Century: The Example of University of Vilnius (Approaches, Research Results, and Research Gaps)

Monika Bednarczuk

How did cultural transfer processes take place on the peripheries of the enlightened and romantic Europe? What role did German and Austrian scholars, elite migration, and multilingualism play in Vilnius, at a Polish-speaking university under the Russian rule? How did the provincial professors, lecturers, and literati deal with new (imported) cultural phenomena, patterns of thought, and the knowledge produced in Western Europe? What steps did they take to be perceived as equal actors in the European cultural and university landscape? And last but not least: To what extent was their operational field determined by the intertwinement of power and knowledge (education)?
The University of Vilnius (founded in 1578) is an exciting object of research for several reasons; suffice it to say that it was the largest university in the Russian Empire at the beginning of the 19th century. It also attracted scholars from Western Europe, and the languages of instruction were – in addition to Polish – French and Latin.
The starting point and the point of reference of the paper is the volume Kulturtransfer in der Provinz: Wilna als Ort deutscher Kultur und Wissenschaft, 1803–1832 (authored by Monika Bednarczuk, Katarzyna Filutowska, Marta Kopij-Weiß, and Mirja Lecke, Harrassowitz 2020) [Cultural Transfer in the Province: Vilnius as a Site of German Culture and Science, 1803–1832]. This volume is the result of a research project involving four researchers (the PI of the project was Monika Bednarczuk). Its aim was to investigate the circulation of ideas between German (and, to a lesser extent, Austrian) universities and University of Vilnius. Special consideration was given to philosophy, literature, classical philology and oriental studies, as well as the natural sciences. In my presentation, I will summarize the most important findings and indicate the advantages of applying the cultural transfer approach to studying the dissemination of knowledge in the early 19th century. I will also identify some major research gaps and problems In this field. nderen werde ich auf die größten Lücken und Hindernisse in der Forschung eingehen.


From Racism “then“ and “there” to Racism “here and now”: a Central European History of Knowledge on “Racism as a Problem”

Miša Krenčeyová

What knowledge is available to white persons to understand racism, name it, make sense of it and grasp it theoretically? Where does this knowledge come from and how does its availability change over time? And how does it change in relation to global, regional, and local power dynamics and broad processes of change? What happens with knowledge that is generated, processed or remembered when it does not fit into official frames of meaning?
Within a research project I am developing, I want to approach these questions with regards to the Central European region on the Eastern and Western side of the Iron Curtain between 1945 and 2000 – in Czechoslovakia and the German Democratic Republic as well as the Federal Republic of Germany and Austria. In order to understand the historical dynamics of “knowledge about racism” in a “divided” Europe, I focus on links established between problematising racism and the construction of a positional identity. The latter relates to the “positionality” of actors within geopolitical power relations as well as their discursive position – the ideological location of their participation in discourse. I assume that knowledge about racism is “situated knowledge”, which is being developed, shifted, negotiated or negated according to this positionality. In the lecture, I will present the framework of the research project as well as preliminary insights.